DECLARATION
DU BUREAU DE L’ADAD
ARUSHA – 28 novembre 2007, 13:00. Le Bureau de l’ADAD (
Association des Avocats de la défense : ICTR- Defence Lawyers
Association) a demandé un statut amicus au TPIR comme l’avaient
fait Human Rights Watch, Amnesty International et l’Association
International des Avocats de la Défense
( International Criminal Defence Attorneys Association, ICDAA) dans
4 affaires de « Transfert au Rwanda ».
Contrairement
au TPIY, le TPIR n’a pas formellement institué un barreau
faisant partie de ses organes. Par conséquent, l’ADAD est
le seul organe capable de fournir au Tribunal une expérience
collective et un point de vue basé sur la pratique du TPIR de
10 ans dans une douzaine d’affaires pour assister les Chambres.
L’ADAD s’oppose au transfert des affaires du TPIR au Rwanda
parce que :
•
L’ancien Procureur en chef du TPIR Carla Del Ponte, l’ancien
Procureur du TPIR Michael Hourigan, QC ; le juge français Bruguiere,
et le juge espagnol Garcon ont déterminé que le Président
et les leaders du Rwanda doivent faire objet de poursuites pour les
crimes commis en 1994. Le Bureau de l’ADAD considère que
ce facteur, seul, disqualifie le Rwanda comme le propre situs pour un
quelconque procès du TPIR.
•
Les poursuites dans le passé ou en cours contre les membres des
équipes de la défense par le Rwanda pour « minimisation/
négation du génocide »(dans l’exercice des
fonctions de la défense au TPIR) confirme qu’une défense
adéquate n’est pas possible au Rwanda . Le Bureau de l’ADAD
souligne que tous les membres actuels des équipes de la défense
sont à risque d’être arrêté par le gouvernement
rwandais, ce qui aussi disqualifie le Rwanda comme le propre situs pour
des procès du TPIR
•
Le Gouvernement rwandais assisté par les USA / UK (selon l’ancien
Procureur en chef Carla Del Ponte) a dissimulé les témoins
et les preuves au TPIR pour influencer les enquêtes et les actes
d’accusation au sein du TPIR à son profit . Le Bureau de
l’ADAD souligne que le Rwanda a violé l’article 28
des statuts du TPIR qui exige la pleine collaboration avec le Tribunal,
ce qui en plus disqualifie le Rwanda comme le propre situs pour les
procès du TPIR.
•
Selon l’ancien témoin du Procureur Prof. Filip Reyntjens,
le Gouvernement rwandais a créé et continue à créer
les faux témoignages pour attribuer le blâme pour tous
les crimes à l’ancien gouvernement/ militaires alors que
la plupart de ces crimes ont été commis par le FPR . Le
Bureau de l’ADAD constate que ces faux témoignages privent
les Juges du TPIR d’une information complète et vraie sur
laquelle il faut baser les décisions, ce qui doit disqualifier
le Rwanda comme le propre situs pour les procès du TPIR, ab initio
;
Cette liste
partielle de problèmes sera argumenté, les Chambres pourront
accepter à l’ADAD le statut amicus. Mais, si d’autres
défenses amici sont permises de comparaître ou non, ce
genre de preuve spécifique résultant d’un événement
spécifique devant le TPIR sera exigé par les Chambres
pour éviter d’être forcé à prendre
une ‘ décision de transférer’ alors qu’il
n’y a pas de faits. ADAD s’engage à travailler en
coopération avec les Chambres et autres Amici pour assister les
Chambres selon les responsabilités professionnelles. Par contre
le problème soulevé dans la requête « Transfert
»de l’ADAD était plus global, maintenant que les
anciens Procureurs ont trouvé que le Tribunal est devenu un Instrument
d’impunité…non sa solution.
En mars
2006, l’ancien Officier de renseignement du FPR Abdul Ruzibiza
a témoigné dans Mil 1 qu’il a ordonné de
descendre l’avion de Habyarimana. En novembre 2006 l’ancien
Ministre des affaires étrangères du FPR Jean Marie Ndagijimana
a confirmé les rapports du HCR d’août/sept 1994 faisant
état des crimes de guerre massives par le FPR… ce qui lui
a contraint de chercher asile en novembre 1994.
En decembre
2006, à la suite de l’établissement des mandats
d’arrêt pour les membres du FPR et sa recommandation que
le TPIR poursuive Paul Kagame, les membres de la défense ont
demandé aux Chambres et au Président du TPIR que le TPIR
suspende les poursuites en cours, en attendant une enquête sur
la suppression de preuve et la manipulation du Tribunal, et de prolonger
le tribunal afin de permettre l’achèvement des enquêtes
complètes sur les crimes de 1994 au Rwanda.
En mars
2007, l’équipe de défense dans Militaire1 a envoyé
au Conseil de Sécurité un dossier dans lequel étaient
contenus beaucoup de documents confirmant l’abus du mandat du
TPIR par le Bureau du Procureur qui a privé aux Chambres des
faits concluants au procès . Le 30 mai 2007, le juge espagnol
Garcon a mis en accusation plusieurs leaders du FPR pour crimes de guerre.
En septembre 2007, le livre décrivant comment le Procureur en
chef Del Ponte était empêché de poursuivre les deux
parties dans la guerre du Rwanda par les interférences du Gouvernement
Rwandais, des Etats-Unis et le Royaume Uni, était publié.
ADAD ajoutera cette information au dossier TPIR/Conseil de Sécurité.
ADAD
appelle le Président du TPIR et le Conseil de Sécurité
à :
1. accorder les immunités des Nations Unies afin d’arrêter
les poursuites contre Leonidas Nshogoza au Rwanda
2. arrêter les poursuites devant le TPIR en attendant l’enquête
sur la manipulation du TPIR par le Rwanda et autres Gouvernements
3. arrêter tout transfert de dossier au Rwanda
4. reconnaître que les détenus du TPIR sont des «
prisonniers politiques », car selon l’ancien Procureur Del
Ponte et les officiels de l’ONU, le TPIR a été entièrement
« politisé » par l’impunité bâtie
par le Bureau du Procureur, laquelle impunité doit maintenant
cesser devant le TPIR pour que son héritage ne soit une